Jeu vidéo : si vous passiez au dématérialisé ?

À l’instar d’autres produits culturels comme la vidéo ou encore la musique, le jeu vidéo est traditionnellement vendu sous format boîte, en magasin. Pourtant, cette dernière décennie à vu le dématérialisé prendre de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir le format type du produit culturel. Le jeu vidéo a donc pris la même voie, pour quel résultat ?

Le format fait-il le contenu ?

Les nostalgiques du format boîte vous rabâcheront forcément les oreilles sur les souvenirs qu’ils ont et de tout le processus achat-retour à la maison-feuilletage du livret-lancement du jeu. Mais la question se pose vraiment : s’il est dématérialisé, votre jeu en est-il moins bon ?

Bien entendu, la réponse est non. Le jeu en lui-même n’est pas tant un ensemble basé sur la boîte, la cartouche (ou le CD/DVD) et le livret qu’un amas de données lues par la console ou l’ordinateur. Il est donc possible de se passer de l’extérieur de la même manière que l’on peut regarder un film sans avoir à sortir de chez soi grâce à la VOD.

D’ailleurs, les arguments contre tiennent mais ils sont de moins en moins vrais. Le premier argument : vous n’êtes pas propriétaire du jeu. Oui et non, s’il faut souvent passer par un logiciel et des serveurs tenus par le vendeur ou un tiers, le jeu ne disparaît pas. Bien entendu, si la société éditrice venait à fermer, la possibilité de jouer serait moins sûre mais avouons le, ça ne risque pas d’arriver de suite.

Deuxième argument : je ne peux pas prêter ou donner mon jeu. Là encore, de plus en plus de vendeurs proposent l’option (ou du moins se penchent dessus) de permettre l’accès à sa bibliothèque à un ami ou de créer un compte de partage familial.

Troisième argument : il faut des heures pour charger un jeu. Complètement faux, cet argument tend à oublier qu’une installation depuis un CD est aujourd’hui toute aussi longue. Avec l’augmentation des débits Internet, il serait dommage de ne pas se laisser tenter.

Un marché déjà très développé

Tout comme la musique et la vidéo, le jeu vidéo a connu un glissement. Au départ vendu principalement par les spécialistes, bientôt bousculés par la grande distribution, l’industrie vidéoludique se tourne vers de nouveaux géants.

Logos de Steam et d'Origin

En tête, Steam, qui aura contribué à démocratiser la dématérialisation du jeu vidéo. Fondé par un studio indépendant, Valve, Steam dispose très rapidement d’un grand nombre d’atouts : un catalogue solide, emmené par les propres jeux de l’éditeur puis ouvert à tous, même aux indépendants ; un système stable et bien conçu, en constante évolution et qui permet de télécharger rapidement un jeu sans être très calé en informatique ; des offres très agressives mais surtout bien senties, avec des promotions allant jusqu’à 80 % du prix sur des jeux récents, sans compter les promotions saisonnières.

Véritable locomotive du genre, Steam a pris une avance considérable sur ses concurrents qui se voient opter pour des stratégies variables : magasin d’éditeur pour Electronic Arts et Ubisoft, retro-gaming pour GOG (Good Old Games).

Les consoles ont bien également suivi le mouvement : PSNetwork, Xbox Live, Console Virtuelle… Il est possible d’acheter nouveautés, oldies ou contenu supplémentaire pour des prix pas toujours très intéressants, assez proches des versions boutique (sans la justification du prix du support).

 Humble Bundle, le jeu dématérialisé pour la bonne cause

Enfin, un mot pour parler d’un système alternatif : le Humble Bundle, qui permet d’acheter au prix que l’on souhaite une sélection de jeux, souvent indépendants pour une bonne cause (souvent une association humanitaire). Efficace vu les dons levés à chaque session mais alternatif assurément, les jeux achetés sont téléchargeables sur… Steam.

Author: Michel

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